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Start-up africaines : comment lever les obstacles pour favoriser l’investissement dans la mécanisation de l’agriculture ?

Temps de lecture : 4 minutes
mécanisation agrifood

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire en Afrique en 2020. Cela a suscité un fort intérêt des investisseurs dans la technologie en tant que solution potentielle pour satisfaire un consommateur de plus en plus numérisé. Cependant, malgré les investissements en augmentation dans les jeunes entreprises innovantes qui emploient les nouvelles technologies dans le secteur de l’agriculture et de l’alimentation (agrifoodtech), le financement des start-up spécialisées dans la mécanisation reste faible en Afrique.

Selon un rapport publié par le fonds de capital-risque AgFunder en collaboration avec le fonds souverain singapourien Temasek, l’agrifoodtech en Afrique a attiré 640 millions de dollars d’investissement en 2022, en croissance de 22% par rapport à 2021, où le volume de fonds attiré était de 536 millions de dollars. Cependant, le financement de la mécanisation a été limité, les jeunes entreprises de robotique agricole, de mécanisation et d’équipement qui intègrent les tracteurs connectés, les drones, les machines agricoles automatiques n’ayant attiré que 10 millions de dollars, soit 1,56% de l’ensemble des investissements mobilisés par l’agrifoodtech en Afrique.

Investissement par catégories de start-up en 2022 ($)

Investissement par catégories de start-up en 2022 ($)

Pourtant, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la mécanisation de l’agriculture en Afrique est indispensable car elle allège les tâches fastidieuses, augmente la productivité agricole, améliore les revenus et contribue à la sécurité alimentaire. Les petits exploitants utilisaient encore à 65% leur propre force musculaire pour la préparation des sols en 2019, à 25% des animaux et seulement à 10% les engins à moteur. En Asie du Sud, la force musculaire humaine était déjà tombée à 30% pour les travaux de préparation des sols, contre 40% pour les engins à moteur, alors qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes, les engins à moteur représentaient 50%.

Investissement consacré à la mécanisation par région en 2022 ($)

Investissement consacré à la mécanisation par région en 2022 ($)

AgFunder a identifié quatre segments de l’agrifoodtech qui ont capturé le gros des financements du secteur en 2022. Les start-up spécialisées dans le commerce de détail et les technologies de la restauration (In-Store Retail & Restaurant Tech) ont attiré 197 millions de dollars. Les start-up spécialisées dans les technologies intermédiaires (Midstream Tech), qui opèrent notamment sur les segments de la sécurité alimentaire, la traçabilité, la logistique, le transport et la transformation ont mobilisé 170 millions de dollars. Les start-up proposant des places de marché et les solutions de financement ont attiré 131 millions de dollars, tandis que les start-up spécialisées dans les technologies de cloud computing qui produisent, entre autres, des cuisines fantômes et des robots de livraison autonomes.

La faible attractivité de l’investissement dans la mécanisation agricole en Afrique peut être liée à plusieurs facteurs, notamment la méconnaissance du marché africain par les investisseurs étrangers. En effet, l’Afrique est un marché complexe et diversifié, avec des différences significatives entre les pays en termes de réglementation, de culture et de pratiques agricoles. Les investisseurs étrangers peuvent être découragés par cette complexité et par le manque de visibilité sur les opportunités d’investissement dans le secteur de la mécanisation agricole.

De plus, il y a souvent une méfiance envers les technologies étrangères, considérées comme inadaptées aux conditions locales et aux besoins des agriculteurs. Les investisseurs étrangers doivent donc être conscients de ces préoccupations et travailler en étroite collaboration avec les acteurs locaux pour développer des solutions adaptées aux réalités africaines.

En outre, le manque de financement et de soutien gouvernemental pour le développement de l’infrastructure et des technologies agricoles peut également limiter l’attractivité de l’investissement dans la mécanisation agricole en Afrique. Les investisseurs doivent donc travailler avec les gouvernements et les acteurs locaux pour surmonter ces obstacles et développer des solutions durables pour l’agriculture africaine.

Malgré ces défis, l’investissement dans la mécanisation agricole en Afrique présente de nombreuses opportunités pour les investisseurs. La demande de technologies agricoles innovantes et durables est en constante augmentation en Afrique, en particulier avec la croissance de la population et l’urbanisation rapide. De plus, la mécanisation peut aider à résoudre les problèmes de productivité, de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté en Afrique.

Les investisseurs doivent donc être prêts à prendre des risques et à investir dans des start-up qui proposent des solutions innovantes et durables pour la mécanisation agricole en Afrique. Ils doivent également travailler en étroite collaboration avec les acteurs locaux pour développer des solutions adaptées aux besoins des agriculteurs africains.

En conclusion, l’investissement dans la mécanisation agricole en Afrique est un domaine prometteur pour les investisseurs, mais qui présente également des défis importants. Les investisseurs doivent être conscients de ces défis et travailler en étroite collaboration avec les acteurs locaux pour développer des solutions adaptées aux réalités africaines. En investissant dans la mécanisation agricole en Afrique, les investisseurs peuvent contribuer à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer la sécurité alimentaire sur le continent.

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